Etre artisan lainier

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Je suis la 7ème génération à fouler la laine. Le point de départ de mon métier (et de mon quotidien), c’est la recherche de la matière première. Avoir la sensibilité pour reconnaître une bonne laine demande beaucoup de temps et d’expérience. C’est un savoir-faire qui se transmet de père en fils, mais je n’ai pas fini d’apprendre. Un de mes bons souvenirs ? Le jour, il y a 20 ans, où une grande maison de couture française est arrivée chez nous avec en tête l’image d’une entreprise un peu vieillotte et dédiée à l’homme. La personne est restée toute la journée, enchantée par notre bureau de style en forme de cuisine, où chacun peut essayer ses recettes. Depuis ce jour, on travaille ensemble ! Vous savez, nous sommes une petite entreprise ; on se connaît tous très bien. Certains me voient depuis que, étudiant, je passais mes étés à l’usine. Et pour les nouveaux, je suis un peu comme un grand frère à qui ils peuvent demander conseil. Quand je suis là, j’adore plonger dans nos archives. Elles nous servent de base pour les développements produits que nous menons tous azimuts. Ne me prenez pas pour un passéiste : je crois à la force des réseaux sociaux et du web marketing. Ce n’est pas le tout de proposer des échantillons splendides : pour vendre un tissu, il faut savoir raconter son histoire.

 

Paolo Paoletti, of Paoletti dal 1795,
Première Vision Fabrics et son mètre en bois vieux de plus de 50 ans, la première chose qu’il a utilisée au début de sa carrière