L’ère du sec

Végétaliser les cuirs, assécher les soies et les tissus, travailler les peaux de mouton pour qu’elles soient fines et cassantes comme du papier : ce ne sont que quelques-unes des stratégies mises en place par les spécialistes du cuir et du tissage pour obtenir les mains sèches et déshydratées qui font tendance pour la prochaine saison. L’italienne Dinamo Contemporary Fabrics (Fabrics) traite ses tissus avec des finissages à haute température ou des enductions de résines polymérisées, pour leur garantir un aspect brillant et une main papier inimitable. Inseta (Fabrics), quant à lui, n’a pas de doutes, les mains sèches et les finissages arides seront l’un des leitmotivs du PE 2018 : chez ce spécialiste de la soie made in Italy, les fibres naturelles et végétales tels le coton, le lin et la ramie sont soumises à des multiples torsions qui leur garantissent un aspect crêpe infroissable et déshydraté. Le sel ne pourra qu’être le grand protagoniste des finissages naturels conçus pour obtenir ces effets crêpes et ces mains sèches : enrichis par des dessins à rayures et par des jeux d’armures, les tissus qui en résultent ont tout le goût âpre d’un après-midi de soleil dans une saline méditerranéenne.

KWAY, le cuir ultrafin (0,2 mm maximum) contrecollé avec de la soie inventé par Rial (Leather), intercepte cette envie de main papier depuis bientôt deux ans : pour cette tannerie italienne de tradition, ce cuir cassant fin comme du papier à cigarette reste toujours une valeur sûre, mais ce sont les cuirs naturels foulonnés et mous qui frappent déjà à la porte des nouvelles tendances.