Être filateur de lin

SK1_2555

Olivier Guillaume,  président de Safilin, Première Vision Yarns, avec ses petites protections de cuir pour les doigts, symboles de la solidité de la fibre et de la filière lin.
Un champ de lin suffit à convaincre de la beauté de notre  métier. 
J’ai organisé un jour pour une marque de mode un voyage de découverte du lin, de la fibre au fil.  Savez-vous ce qu’on m’a dit à la fin de la visite ? « Le lin, quand on ne le connaît pas, c’est une énigme. Quand on le découvre, c’est un miracle ».  Voilà. C’est ça, le lin. Il y a encore 20 ans, notre clientèle était composée uniquement de pure players. Aujourd’hui, impossible d’ouvrir un catalogue de mode ou de déco sans trouver du lin. Il y a un stress spécifique à notre production. Le lin est une fibre naturelle exigeante. Chaque année, la récolte est un moment angoissant ; nous vivons au gré de la météo, qui détermine en partie le volume et la qualité des fibres que nous travaillerons dans les mois qui suivent. Notre métier reste extrêmement complexe et technique, puisqu’à partir d’une fibre hétérogène par nature, notre rôle est de proposer un fil homogène, en lissant les aléas des récoltes.
Après cette étape annuelle, deuxième épreuve : nos débouchés textiles sont intimement liés à la mode. Or, en tant que filateur, nous sommes en tout début de chaîne, ce qui rend primordiale l’anticipation sur les tendances, de sorte à faire les meilleurs choix pour la sélection de fibres comme pour la mise en stock des produits. Nous devons deviner lesquels auront le vent en poupe…