Bilan produits Leather

La qualité demeure le maître mot du salon Première Vision Leather, autant par l’offre matières qu’il propose que par le prestige de ses visiteurs. Nullement considérée comme un acquis définitif, elle fait l’objet d’une vigilance constante et d’un dynamisme fort pour proposer aussi des nouveautés. Bovins, ovins, caprins et exotiques, tous les cuirs rivalisaient encore de prouesses pour épater les visiteurs. Désormais totalement intégrée au métier de la tannerie, l’écologie fait partie intégrante de cet esprit de qualité et est au cœur des préoccupations des professionnels, fournisseurs comme acheteurs, en priorité dans leurs investissements. Et c’est grâce à la stabilité des prix, résultante d’une demande soutenue et d’un luxe prospère, que cette politique d’exigence est rendue possible.

Produits et finitions : les hits de la saison

« Les clients nous réclament des nouveautés, mais ils finissent souvent par se rassurer avec les classiques » déclare un exposant. Une phrase qui résume bien l’état d’esprit d’une saison, à la fois orientée sur le haut de gamme et prudente quant à l’évolution d’une conjoncture toujours mouvante.

L’agneau plongé dans sa version la plus authentique reste donc un modèle de qualité et un leader de la demande. Pour l’habillement, évidemment – si possible ultra léger, comme l’article foulard de la mégisserie Alric primé aux PV Awards – mais aussi pour la chaussure et en particulier les sneakers, et également la maroquinerie avec un traitement déperlant.

Certaines finitions, plus fantaisie n’en sont pas moins plébiscitées, comme le mat avec un toucher gomme, le brillant avec un toucher gras, le perforé, l’imprimé au rayon laser ou le nubucké lavable.

 

INDUSTRIE PELLAMI / IT
Le double-face demeure également un incontournable de l’hiver, malgré un marché russe habituellement très amateur et actuellement quelque peu en berne. Avec un poil plutôt long et bouclé, mais dans un finissage plutôt nappa que velours, selon La Doma.

La chèvre recueille actuellement plus de faveurs dans des versions mates cirées. Mais certains la réclament au contraire très brillante pour la maroquinerie.

Du côté des bovins, le veau lisse et naturel a toujours autant la cote. Mais les articles velours chez Bonaudo furent très demandés, tout comme le petit veau, pour sa souplesse. Le taurillon s’apprécie plutôt foulonné, mais tantôt grainé avec le sommet du grain légèrement brillant, tantôt lisse et épais, avec une main ronde.

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SOYDAN / TRCONCERIA SUPERIOR / IT

La vachette nubuckée ou métallisée or ou argent se distingue cette session, éventuellement hérissée de micro coupures comme chez Curtidos Requena.

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CUIR DE LAGNY / FR, VIGNOLA / IT

Mais l’option tannée végétal, naturelle et sans finissage séduit toujours autant, « particulièrement les flancs en épaisseur 2 mm » précise le spécialiste suédois Tarnsjo.

Pour les peaux exotiques, notons que la double finition de Novalpina (deux finitions différentes sur une même peau) fut légitimement très remarquée et que, chez Sibel, le python s’est avéré une bonne alternative au crocodile pour les marques désirant se lancer dans le luxe, spécialement dépigmenté et peint à la main.

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ITALHIDE / IT

Les couleurs

Identités de marques obligent, les acheteurs optent rarement pour un coloris standard préétabli mais demandent aux tanneurs de contretyper leurs propres teintes. Toutefois, leurs réactions face aux gammes proposées sur les stands donnent quelques indications quant à leurs préférences colorielles et leurs demandes futures. Le noir et le gris restent bien sûr inévitables, mais ce dernier s’éclaircit en dépit des habitudes hivernales pourtant assez sombres.

Le bordeaux reste un classique des saisons froides, tout comme le vert forêt.

CONCERIA SUPERIOR / IT

Les naturels, Cognac, fauve, brun et beige, ne déméritent pas non plus. Mais cette gamme chaude pourrait bien s’agrémenter de bleus, grisé, blanchi, verdi, marine et même électrique, plus inattendus.

PAOLETTI TESSUTI / IT

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Projets et développements

« Nous voulons innover tout en maintenant notre niveau de qualité » résume Bonaudo. Le projet commun à tous nos sondés est même d’améliorer, autant que cela puisse se faire, les articles existants. Des agneaux plongés encore plus souples et plus légers, des veaux lisses plus transparents à la fleur toujours plus fine, des velours plus moirés. Les aspects vieillis de la mode vintage ne font décidément plus recette. Relma Guyard & Chesneau veut assouplir ses chèvres afin de les proposer pour les vêtements. Alric veut développer le très élitique baby veau « où le potentiel pour la chaussure et la maroquinerie est très fort ». Les tanneries Dupire, quant à elles, veulent élargir leur offre de taurillon grainé souple mais aussi mettre au point un article raide et non foulonné à même de se retourner pour permettre la fabrication cousu-retourné. Tarnsjo expérimente toutes sortes de cires sur ces bovins végétaux pour multiplier les nuances de brillance. Et devant le succès des peaux stretch, plusieurs tanneurs songent à s’y mettre, comme RG Deri et même Sibel, pour des pythons toujours plus adaptables.

L’écologie

De plus en plus évoquée par les marques, la question de l’écologie devient cruciale pour les tanneurs même s’ils l’ont tous déjà prise en compte dans leurs process. Les stations de déchrômage sont systématiques et « rien ne part dans la nature » comme le certifie la mégisserie Alric. Tous les tanneurs suivent scrupuleusement les réglementations, la norme Reach en particulier. Beaucoup de tanneurs ont développé des articles sans chrome et plusieurs souhaitent se mettre au metal free. « Nos peaux sont tannées végétalement et les boues sont revalorisées en engrais » assure notre interlocuteur chez Relma Guyard & Chesneau. « Nous achetons nos peaux dans des abattoirs en Espagne qui sont très contrôlés » précise celui de la mégisserie Richard, avant d’ajouter : « si les conditions d’abattage n’étaient pas bonnes, les peaux seraient moins belles ».

Toute la chaîne de fabrication est à présent passée au crible du développement durable. La consommation d’énergie est réduite avec l’utilisation de chaudières plus économiques, une meilleure isolation et la ventilation naturelle des locaux, leur éclairage à la lumière du jour, l’électricité par panneaux solaires. Les transports sont rationnalisés pour diminuer l’empreinte carbone des peaux. « Toute notre chaîne de production est écologique, sauf l’importation du mimosa que nous utilisons pour le tannage, déclare le responsable de la tannerie Tarnsjo. Nous sommes en train de tester d’autres tanins cultivés en Suède ».