Bilan produits Première Vision Leather

La diversité des articles plébiscités par les visiteurs – tout comme le foisonnement du forum de tendances – rend compte de la richesse du salon. A l’écoute de leurs clients et conscients de leur rôle inspirateur dans les collections de ces derniers, les tanneurs améliorent et renouvellent sans cesse leur offre. Plus de finitions, plus de fantaisies, plus de couleurs et plus de qualité. Même si, au bout du compte, leurs classiques restent les meilleures ventes.

L’écologie fait partie intégrante de la philosophie des tanneurs, par obligation d’abord, mais par conviction aussi. Plus souvent qu’à leur tour, ils anticipent les demandes de leurs clients pour produire plus éco-responsable. Sans cesser d’être compétitifs, en phase avec le marché, pour autant.

Produits et finitions : les tops de la saison

Les exposants peinent souvent à dégager les bestsellers de la session. D’une part, les visiteurs tâtonnent, demandent des échantillons et passent peu de commandes fermes sur les stands. D’autre part, la demande est de plus en plus atomisée par recherche d’originalité. Néanmoins quelques tendances produits se dégagent à chaud de cette édition.
Du côté des bovins, le veau lisse reste un classique très plébiscité par les griffes. Le veau Baranil, pleine épaisseur, au toucher gras, fait un tabac chez ses spécialistes. La main ronde et sensuelle du tannage végétal séduit de plus en plus. La finition mate semble l’emporter sur le brillant. Mais les fantaisies laminées ont aussi leur part de succès, surtout si elles sont foulonnées et assouplies. Très rare, le baby veau est un vrai plus pour les marques de luxe en quête de différenciation, particulièrement pour l’habillement du fait de son tomber. Le taurillon nubucké se distingue également, ou métallisé au pistolet. La vache plait par son grain naturel. Mais elle sait aussi se parer d’artifices plus ou moins sophistiqués : accentuer sa fleur naturelle ou prendre l’aspect d’un galuchat, se couvrir d’un film fantaisie ou s’orner d’un décor au laser. Ici aussi, la finition mate ou cirée prend le pas sur la brillance, malgré quelque engouement pour le nacré léger. Plus facile à travailler et générant moins de chutes, la demi-peau (bande) convainc sans mal, tout comme le collet pour des applications particulières comme la ceinture.

 

En ovin aussi, le naturel demeure indétrônable, le plongé, le seigneur des agneaux, pour les vêtements mais aussi les chaussures et les sacs. Toutefois, la fantaisie n’est nullement en reste, avec des finitions métallisées, vernies et imprimées d’un grain mécanique ou d’un dessin digital. Suivant l’exemple du stretch, l’agneau lavable fait de plus en plus d’adeptes. Et la trouvaille transparente de la mégisserie turque Anil a interpelé plus d’un curieux.

 

 


pechdo

 

Chez les caprins, la finition velours a remporté un succès certain, surtout en vue d’une utilisation en chaussures. La sérigraphie sur velours de BBM a suscité un vif intérêt. Couverte d’un film métallique ou de deux feuilles superposées lui apportant couleur, motif et brillance, la chèvre a su conquérir de nouveaux aficionados.
Mais naturelle et souple, comme celle des Tanneries Pechdo, elle se montre irrésistible.

 

Enfin, dans les cuirs exotiques, le croco fin et souple, pour vêtements, fascine toujours autant les amateurs du genre, tandis que, pour les chaussures et la maroquinerie, la finition mate est donnée gagnante par son spécialiste Topcroc. Chez Pellami Ciceri, le python noir métallisé nubucké a triomphé, devançant les peaux laminées, pourtant aussi très en vogue.

 

 

 

Les couleurs

OSM LEATHER
© OSM

 

Matière noble par excellence, le cuir a sa propre gamme de coloris classiques toujours très prisée par une clientèle qui investit autant qu’elle se fait plaisir. Les noir, marine, marron, cognac, beige, gris et blanc ne fléchissent pas dans la confiance des marques.

 

 

Mais, saison estivale oblige, les couleurs ne déméritent pas dans le palmarès coloriel des acheteurs. Les rouges – du corail au bordeaux – y sont bien présents, tout comme les bleus, canard, denim, électrique ou turquoise.

 

 

 

Le jaune clair ou moutarde apporte sa touche ensoleillée.

 

 

Plus intemporels, le taupe et le nude ravissent les plus minimalistes.

 

 

Projets et développements

Dans une conjoncture toujours favorable mais jamais certaine, les marques s’en remettent souvent aux tanneurs pour leur souffler la bonne idée qui séduira une clientèle versatile et exigeante. D’où l’importance de développements avisés, assurant leur lot de nouveautés aux collections futures. Certains cherchent à réduire les épaisseurs, pour proposer des cuirs toujours plus fins. D’autres explorent les touchers, pour surprendre et rassurer en même temps. D’autres encore travaillent les aspects, comme Curtidos Bassols, qui veut produire agneau ou chèvre cisaillé en surface ou Anil, qui veut vieillir le côté chair de ses bovins ou ovins. Plus pragmatiques, les recherches de la tannerie Carriat portent sur l’envers des peaux pour les rendre exploitables sans doublure, « avec un résinage par exemple » ou sur un traitement anti-feu pour les destiner à l’aviation. Face à une demande soutenue, les spécialistes d’agneau lavable veulent perfectionner leur offre. Quant aux experts du tannage végétal, pas si nombreux dans l’Hexagone, ils veulent renforcer leur spécificité tout en élargissant leur gamme.

 

 

PREMIERE VISION LEATHER