Quand l’accessoire fait la une

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(Photos : 1. France Croco (Leather). 2. © Institut Français de la Mode. Lies Sockeel (Leather, Hall 3). 3. HCP (Leather)

« Aujourd’hui, l’access oire relève avant tout d’une fonction statutaire ; d’où l’importance croissante des collections capsules où la fantaisie et la couleur se taillent la part du lion ». 
Claude Vuillermet, responsable mode de Première Vision Leather

« L’access oire permet de raconter des histoires sur soi-même. La chaussure d’abord, puis le sac, sont sans aucun doute les pièces les plus iconiques et identitaires de la garde-robe d’une femme ».
Pascal Monfort, consultant et sociologue de la mode

Fini le temps du sac pour toutes les saisons, des noirs et des marrons passe-partout.

Aujourd’hui, l’accessoire est une question de mode au même titre que l’habillement, quand il n’est pas le pivot central autour duquel se structure toute une image de marque. L’indispensable coordination avec les tendances de la mode est en train de révolutionner la chaîne de création et de diffusion de l’accessoire. Celui-ci est désormais la pièce maîtresse d’une nouvelle idée d’un look à forte valeur identitaire. Premiers touchés, dès le moment de la production, les tanneurs. « Finis les techniciens obéissants ! Nous avons changé de métier. Nous sommes devenus des créateurs proactifs », explique Michael Perez de France Croco (Leather). Leur objectif, ambitieux, est de « repousser les limites de l’impossible ». Et devant cette peau de crocodile presqu’aussi souple que du cachemire, il n’y a plus de doute sur l’extension des possibles. « Désignés objets de mode, les accessoires se métamorphosent et s’individualisent sans cesse. L’accessoire est devenu l’indispensable », conclut le directeur général de France Croco. Quelles sont les retombées de cette nouvelle centralité de l’accessoire ? « L’importance accrue de la couleur, l’essor des séries limitées, la multiplication des finitions, le développement de matières transversales prolongeant l’habit », décrypte Claude Vuillermet, responsable mode de Première Vision Leather. Et de rappeler que la structure du marché du luxe se prête parfaitement à ce nouveau modèle.
« Toutes les plus grandes marques ont la maroquinerie au coeur de leur savoir-faire et de leur stratégie ». Des constats que confirme Hans de Foer, directeur du Programme Postgraduate de l’Institut Français de Mode : « les accessoires ne sont plus le fairevaloir d’une tendance vestimentaire, ils deviennent un vecteur de mode à part entière. Les voir équivaut à les vouloir ». Fluctuant comme tout objet de tendance, l’accessoire obéit plus aux pulsions du désir qu’aux raisons de la praticité. Leurs calendriers de production suivent désormais les rythmes des saisons de mode, et l’importance accrue de ces accessoires influence aussi l’image des marques. Les clichés des dernières campagnes publicitaires, où le sac n’hésite pas à voler la vedette à la femme, traduisent bien l’émergence de cette nouvelle figure de l’accessoire must have, dont le nom propre est synonyme non seulement de personnalisation, mais aussi de personnalité.

 

Le regard artistique 
Premier à prendre ce tournant, HCP (Leather) s’est doté d’une directrice artistique, Camille Douek, il y a trois ans. Et propose aujourd’hui, via son Atelier Singulier, des peaux entièrement personnalisables comme Tatoo, au traitement exclusif et aux motifs libres. « Désormais, les collections cuir suivent le calendrier des saisons mode et proposent des thématiques fortes, qui génèrent des courants de mode », confirme la styliste de HCP.

La maroquinerie
est au coeur de la
stratégie du luxe