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Giuseppe Menta

le 17.02.12

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« Un artiste » ; « un personnage du dessin textile » : lorsque vous citez le nom de Giuseppe Menta, les réactions sont unanimes... Né à 500 km de Côme, il arrive vers 14 ans dans la cité du textile pour travailler chez un cousin de son père, tout en étudiant dans une école de dessin textile. Cette expérience professionnelle à l’ancienne (nous sommes dans les années 1960) le rôde à toutes les étapes ouvrières de l’impression. « Loin de chez moi, je n’ai pas grand-chose d’autre à faire que travailler », se souvient-il. Onze ans passent. Aussi, il rejoint alors celle qui était « une des plus grandes fabriques d’Europe, avec quelque 900 ouvriers et plus de 1 000 métiers », comme responsable des foulards et accessoires pendant sept-huit ans. Passe ensuite une autre maison. Dessine toujours. 1974 est l’année du grand tournant : Giuseppe Menta lance son entreprise, épaulé par Achille Maramotti. Il débute, tâtonne. Se voit un jour propulsé par un ami à un rendez-vous au 5 rue Marceau, l’adresse prestigieuse de la maison Saint Laurent, son idole. « Je n’avais même pas un début de collection. Je monte à Paris, et la veille, dans ma chambre d‘hôtel, je dessine, je teins (avec des échantillons achetés chez Sennellier) dans le lavabo. Je me présente, tétanisé, à 11h. évidemment, mon interlocuteur me prend de haut : je n’ai pas de valise, pas de cartons avec moult échantillons. Je suis en train de tourner les talons lorsque M. Saint Laurent sort de l’ascenseur. La situation semble l’amuser, il regarde mes morceaux de tissu. Il me félicite. Ce que je prends comme un simple encouragement. » Sauf que, fin 1975, une commande de 38 000 mètres de tissu arrive. La presse se rue chez Menta. Le succès aussi : Versace, Lacroix, Dior… Années fastes, fantastiques, émouvantes. Plus périlleuses furent les suivantes. Giuseppe s’éprend des couleurs naturelles, croit au bio trop tôt et y laisse du temps, de l’argent, de la passion, toujours ; mais qui le critiquerait ?

La vie continue. Il enseigne une dizaine d’années au Politecnico de Milano, tout en continuant à créer, surtout. Et raconte : « Je ne regarde jamais un magazine de mode. Je préfère rester en dehors, essayer de développer, avec le moins d’influence possible, des choses qui me plaisent, auxquelles je crois. Me sentir libre de faire. Toute idée n’est pas forcément révolutionnaire. Une bonne idée doit d’abord être bien réalisée pour devenir une grande idée. »

Continuez, s’il vous plaît, M. Menta.